Christian Ceyrat s’est éteint jeudi 14 mai 2015 au matin.
Christian m’a appris l’Aïkido, il était aussi devenu mon ami, une personne pour qui j’avais infiniment d’affection, un peu perdu avec ses valeurs dans un monde prétendument moderne.
Christian était quelqu’un qu’on rencontrait parce que ce jour là, la vie avait décidé que c’était ton jour de chance.
Je ne peux même pas essayer d’imaginer toutes les rencontres que je n’aurais jamais faites si je n’avais pas commencé par le rencontrer lui, un jour d’automne 1988, et c’est les joues baignées de larmes que j’écris ces quelques mots.

Il avait été lui-même élève de Maître Nocquet avant de commencer à enseigner, et c’est peu de dire que c’était un grand pratiquant.
Ceux qui sont passés entre ses mains sauront de quoi je parle. Non pas en se rappelant la douleur, ce qu’il savait faire, mais le naturel avec lequel on s’en allait au sol, dans notre propre mouvement jamais contrarié.

Christian enseignait… mais non, en fait il n’enseignait pas. Il transmettait. Il expliquait les techniques, certes, avait des conseils pour chacun, des images, etc. Mais avant toute chose il était là, il faisait de l’Aïkido sous nos yeux, nous qui ne comprenions rien à une telle simplicité, une telle évidence.
C’est pourquoi il était impossible qu’il fût reconnu à sa juste valeur.

Son attitude envers nous était à la mesure de son enseignement, et je ne saurais dire la gratitude et la reconnaissance que j’éprouve à son égard pour nous avoir toujours encouragés à découvrir les choses par nous-mêmes, sans jamais chercher à faire de nous des élèves formatés.

Christian s’en va, c’est triste et il n’y a pas de mais. Il y aura un temps pour les mais, plus tard, pas aujourd’hui. Aujourd’hui est un jour de tristesse, jour dont on a toujours su qu’il arriverait sans trop vouloir y penser. Plutôt que ça, j’ai profité de tous les instants avec toi mon cher ami, et je salue le tengu facétieux qui nous souriait sans malice, tout à son bonheur d’être avec nous, et nous avec lui.

hristian Ceyrat, 13 Oct 2007. Avec l’aimable autorisation de l’Aïkido Club St Privaden (tous droits réservés)